UFR – Sciences Humaines et Sociales -île du saulcy – Metz

A qui s’adresse le séminaire?

Le séminaire s’adresse aux professionnels de la relation d’aide ou de soins en exercice ( psychologues, médecins, éducateurs, infirmiers, psychothérapeutes, psychanalystes, psychiatres, orthophonistes, etc.) ainsi qu’aux étudiants en Master 1 et 2 de psychologie – des dérogations sont accordées aux étudiant en L 3 .

Les séances de travail ont débuté le 29 septembre 2018 et se poursuivent à raison d’un samedi matin par mois de 10h00 à 12h30 . Toute personne qui désire participer au séminaire est priée d’en faire la demande auprès du responsable ou de l’un des co-enseignants.

Vous êtes un professionnel de la relation d’aide : infirmier médecin, psychologue, psychothérapeute, psychiatre…? Ou étudiant en psycho? Vous voulez entendre un autre discours et rompre avec la mode actuelle qui est de classifier d’une manière binaire les pratiques psychothérapeutiques/psychanalytiques en bonnes ou mauvaises. Vous désirez plutôt savoir de quoi il retourne pour chacune d’elles? Vous voulez un outil pour saisir quelles sont les différences entre chaque méthode ou théorie, quels sont leurs concepts de l’homme, quels sont leurs visées, leurs apports et aussi leur limites. Nous vous invitons à participer au séminaire pratique sur l’entretien en psychothérapie et psychanalyse. A chaque séance de travail nous faisons dans un premier temps l’épistémologie de celles-ci, et nous proposons dans un second temps un apport clinique.

L’objet du séminaire

Mon intention est de proposer un séminaire qui aborde la pratique de l’entretien de telle manière que ce ne soit ni un traité méthodologique ni un enseignement théorique coupé du réel de la pratique.

Ce sera donc le lieu pour aborder la pratique de l’entretien en prenant en compte les diverses questions qui peuvent se poser à un professionnel de l’écoute, que cette dernière soit à visée thérapeutique ou à visée analytique. Nous les différencierons, non pas pour les opposer comme c’est souvent le cas en terme de valeur – par exemple une prétendue pureté de l’acte analytique comparée à l’acte psychothérapeutique – mais en terme d’orientation, de visée.

Rarement un séminaire donne l’occasion de permettre une circulation pratiquement borroméenne entre praxis et théoria. C’est cette exigence que nous essaierons de soutenir tout au long du séminaire. En effet c’est tout le problème que pose un enseignement théorique. Celui-ci risque d’être reçu comme une vérité fermée qu’aurait énoncé l’auteur d*une théorie.

Or la plupart des auteurs témoigne bien plus dans leurs écrits d’un « work in progress » que d’une monstration d’un savoir figé. Tout dépend ensuite du style de l’enseignant et de sa propre capacité à avoir dépassé son rapport au savoir et sa quête de vérité.

Cet enseignement tentera aussi de produire un désir de savoir comment les prédécesseurs se sont mis au travail et proposera aux étudiants et aux professionnels des outils épistémologiques et critiques

Thierry Nussberger

Naissance du séminaire

La parole de l’autre nous atteint, l’émotion avec laquelle il la transmet nous modifie, imperceptiblement.

L’analysé qui écoute l’analysant est impacté par sa parole, elle touche son inconscient, elle inscrit quelque chose dans son corps. Il n’est pas anodin d’écouter, il n’est pas sans effet d’occuper la place de « psy ».

La parole de ceux qui viennent me livrer leur question, leur souffrance, a cet effet de creuser un espace pour que je m’interroge assez sur ce qu’est la place du psy, de là où il a à se positionner.

Toutes ces paroles m’ont amenées à m’interroger sur ce qui faisait la qualité de l’entretien, sur les effets de la réponse ou de l’absence de la parole du thérapeute. Face à la personne et à son angoisse aucune théorie ne vient palier à l’acte de l’écoutant. Que valent nos protocoles, nos méthodes, nos théories au regard des questions, des incompréhensions, des angoisses de nos contemporains ? Qu’est-ce qui agit quand un patient vient dire : je vais mieux, et qu’est-ce qui résiste quand rien ne se passe ou que l’angoisse se fait plus oppressante ?

Toutes ces questions, que bien d’autres ont soulevées et tentées à leur manière d’y apporter leur réponse, méritent que chaque professionnel de l’écoute les revisitent. Pour cela chacun peut s’appuyer et s’orienter sur le travail de ses prédécesseurs mais il n’est pas sans intérêt d’y apporter son grain de sel.

Après avoir organiser le colloque « Corps douloureux » à Metz qui avait rassemblé beaucoup de monde tant pour mener à bien le projet que pour y participer, il me semblait important non pas de continuer dans la même voie mais de persister à soutenir un acte. J’étais aussi travaillé par les questions de ceux que je recevais en supervision de leur pratique. Comment, au-delà de ces rencontres, apporter aussi mon témoignage et que celui-ci fasse enseignement. Non pas de ce qui serait mon savoir, mais plutôt celui qui se construit au fil des rencontres avec les personnes qui ont à cœur de venir me parler. Car leur parole fait pour moi enseignement. Encore faut-il bien sûr en extraire le jus, en saisir ce qui peut faire école, au sens de la  skholè).

Témoignage de la manière dont les personnes qui me consultent m’enseignent : sur le cadre de travail qui leur convient, sur le sens ou la logique de leur symptôme, sur la fonction de celui-ci. Comment elles m’apprennent à sortir de mes préjugés, à ne pas m’appuyer sur la sécurité d’une théorie, sur des grilles de lectures rassurantes. Comment j’ai, grâce à elles, osé intervenir, couper court à une jouissance infernale, devenir passeur de frontières jamais franchies. Les murs peu à peu se fissurent et beaucoup tombent. Et quand les murs s’écroulent, c’est la vie qui est libre.

Alors comment transmettre ce vivant ? Un enseignement classique le mortifie, et risque de faire passer l’enseignant pour un maître. Comment garder cette fraîcheur de celui qui apprend chaque jour de ses patients. Il faut un dispositif spécial. J’avais déjà initié ce type de dispositif pour la construction du colloque[i] «  Corps Douloureux ». Mais là il fallait penser différemment. C’est ainsi que l’idée d’un séminaire a fait son chemin. Proposer un enseignement oui ! Mais qu’à nouveau le dispositif fasse surgir un enseignement nouveau. Comment ? En convoquant tous les professionnels et les étudiants à venir parler, participer, se risquer eux aussi à une parole afin que de ce brassage naisse un savoir nouveau. Pas question de faire École, mais ouvrir un lieu qui permette la skholè.

Pour éviter aussi cet effet de maître, il était nécessaire pour moi de ne pas être seul à occuper cette place de transmission, et d’interpeller avec mon désir quelques collègues. Trois pour commencer qui ont manifesté leur intérêt pour le programme que je leur proposais, pour faire partie de l’aventure et s’inscrire dans cette démarche ouverte, dont l’éthique principale est de se laisser enseigner par l’autre et de ne pas y déroger. Pas de chefferie donc, mais chacun s’oriente de ce qui s’est définit au départ.

Il nous appartient maintenant qu’il est lancé de maintenir le navire « séminaire pratique» sur son cap. 

Thierry Nussberger

[i] paru dans les CAHIERS PSYCHANALYTIQUES DE L’EST N°19 – Printemps 2016 – actes du Colloque «  Corps Douloureux ».
Lire sur : http://www.psy-en-question.fr/accueil/myFiles/42_2C5E7DE5HF.pdf

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